Brest est une ville doublement marquée par l'eau. Il y a le climat, d'abord : posée au fond de sa rade, ouverte aux vents et aux pluies de la mer d'Iroise, la cité reçoit une humidité de l'air presque permanente, et son sous-sol de granite et de schiste garde longtemps l'eau des averses. Il y a l'histoire, ensuite : rasée à plus de 80 % en 1944, Brest a été reconstruite en béton dans les années 1950, si bien que la ville d'aujourd'hui superpose deux bâtis très différents, qui ne prennent pas l'humidité de la même façon.
Les faubourgs anciens épargnés par les bombardements, Recouvrance sur la rive droite de la Penfeld, Saint-Marc, Lambézellec, gardent leurs maisons de pierre montées avant-guerre. Comme dans tout le pays de Brest, ces murs de granite et de moellon n'ont le plus souvent aucune barrière étanche en pied de mur : ils pompent l'eau du sol et la font monter par capillarité. Le résultat est toujours le même, une bande sombre au bas des murs, des enduits qui cloquent, des plinthes gonflées et un voile blanc de salpêtre. L'injection d'une résine hydrophobe rétablit la coupure manquante, et la reprise des enduits à la chaux rend à la pierre sa capacité à sécher.
La ville reconstruite, elle, connaît un tout autre problème. Les immeubles de béton des années 50, souvent bien isolés depuis, et les pavillons récents des quartiers périphériques piègent la vapeur d'eau du quotidien faute de renouvellement d'air. Cette vapeur se condense sur les parois froides : buée sur les vitres, linge qui ne sèche pas, moisissures dans les angles nord. Là, aucun traitement de mur ne servirait ; c'est une ventilation adaptée, VMI par insufflation ou VMC hygroréglable, qui assainit durablement l'atmosphère.
Restent les caves et les sous-sols. Dans les pentes qui descendent vers la rade et la Penfeld, à Saint-Marc comme au bord de l'Élorn du côté du Relecq-Kerhuon, ils prennent l'eau par les murs comme par le sol, surtout lors des grandes marées et des fortes pluies d'ouest. Le cuvelage les met en cuve étanche, au besoin renforcé d'une pompe de relevage. Sur les plateaux argileux du nord, à Guilers ou Gouesnou, c'est l'eau de ruissellement qui charge les fondations, et le drainage périphérique l'évacue avant qu'elle n'atteigne la maçonnerie. Distinguer honnêtement remontée, infiltration et condensation est le cœur de notre métier : c'est ce diagnostic gratuit, mené au testeur d'humidité, qui garantit le bon traitement plutôt que le plus cher.